Comment limiter l'aggravation des blessures

Il m’est arrivé souvent d’entendre des gens dire qu’ils se sont fait mal et qu’ils ont attendus plusieurs semaines, voir quelques mois avant de consulter un professionnel de la santé car ils pensaient que leur douleur partirait d’elle-même. Je comprends le fait de se dire que ça va passer et que bientôt on n’aura plus mal, par contre, ça ne se passe pas toujours comme ça et parfois la guérison et le retour à la ‘’normale’’ prend plus de temps. Je m’explique.

Premièrement, il y a 3 stades à une blessure.

Le stade inflammatoire ou aigu, qui commence au moment de la blessure et peut durer jusqu’à une semaine. C’est le stade où la douleur est très présente, où on peut apercevoir de la rougeur, de l’enflure (appelée aussi œdème) et sentir de la chaleur. C’est là où le corps amène du liquide inflammatoire au niveau de la région touchée afin de limiter les dégâts causés sur les tissus environnants.

Par la suite, on se retrouve le stade subaigu qui peut durer jusqu’à 1 mois. Dans ces délais, le corps travaille pour réparer les traumatismes engendrés en fabriquant du tissu cicatriciel formé de fibres de collagène. Ce nouveau tissu est beaucoup moins élastique et beaucoup plus cassant que les tissus qui étaient présents auparavant. C’est pourquoi les dangers de se reblesser sont plus élevés à cet endroit qu’à tout autre endroit du corps. De plus, cette perte d’élasticité va engendrer une perte de souplesse et de force au niveau du muscle touché ou des muscles environnants. Bref, c’est là où se forment les séquelles relatives à la blessure.

Finalement, le troisième stade est le stade chronique. Il peut durer des mois et même des années. Dans ce stade, il y des douleurs qui perdurent dans le temps pour diverses raisons et qui dérangent le quotidien. Le corps a fait de son mieux pour régler les problèmes durant les deux premiers stades, par contre, ça ne veut pas dire que les problèmes se sont réglés parfaitement. Le corps a envoyé des messages au cerveau pour lui indiquer de produire le tissu cicatriciel. Parfois il y a un ‘’bug’’ et le corps a envoyé trop de messages, ce qui produit un surplus de tissus, on les appelle les adhérences. Ces adhérences limitent la mobilité des articulations et diminuent aussi la force des tissus contractiles touchés (muscles).

Il peut y avoir différentes causes à une mauvaise réparation des tissus par le corps, par exemple un défaut de posture ou le non-repos des muscles blessés, ce qui entretient l’inflammation et qui empêche les tissus de guérir.

Dans d’autres situations le corps envoie continuellement des messages de douleur au cerveau même si les tissus sont parfaitement guéris. C’est ce qu’on appelle une douleur neuropathique. Le problème ne vient donc pas de la blessure, mais bien du système nerveux central. Plusieurs autres facteurs peuvent être la cause de douleur chronique tels que des facteurs bio-psycho-sociaux, des drapeaux jaunes ou rouges qui n’ont pas été pris en charge, etc.

Les solutions

Stade aigu

On veut donc prévenir le stade de chronicité. Pour ce faire, on doit prendre bien soin d’appliquer certains conseils dès qu’on se blesse pour en favoriser la guérison sur une courte période de temps. On peut retenir ces conseils avec l’acronyme RICE.

R = Repos

I= Ice (glace)

C= Compression

E = Élévation

Durant les 3 jours suivants la blessure, et ce toujours selon la gravité, assurez-vous de donner du repos aux muscles et aux articulations touchées. Mettez de la glace pendant 10 minutes aux heures afin de diminuer l’inflammation, les saignements internes et la douleur, puis faites-vous un bandage élastique et tenez votre membre en élévation (bras ou jambe, s’il y a lieu, plus haut que 90 degrés) afin d’assurer un bon drainage de l’œdème et ainsi diminuer l’enflure si présente. Si la blessure est très importante, allez consulter un médecin.

Stade subaigu

Le meilleur moyen de se débarasser des tissus cicatriciels est d’apporter un afflux sanguin important à la région touchée. Pour ce faire, il est possible d’utiliser de la chaleur (sac magique, ultrasons, etc.) afin de créer une dilatation des vaisseaux sanguins et ainsi augmenter l’apport de sang aux tissus, donc de nutriments et d’oxygène. Par contre, la chaleur seule n’a pas les capacités d’éliminer les tissus cicatriciels.

On peut donc se tourner vers la deuxième option, qui est celle des massages profonds. Vous pouvez vous masser vous-même ou trouver quelqu’un pour vous masser (ne pas voir ici une publicité!). Il est important de commencer par des massages plus légers qui ne réveilleront pas votre douleur mais qui procureront quand même une sensibilité. Puis, peu à peu, vous pourrez augmenter la pression engendrée sur les tissus afin de les ‘’casser’’.

Rééducation active

Il est important de toujours garder une certaine activité au membre blessé afin de garder une bonne circulation sanguine et lymphatique en tout temps. Quand la blessure est rendue à un certain stade de guérison et que la plupart des mouvements ne font plus mal, il est bon de commencer à travailler l’articulation. Il faut donc penser à retrouver toute sa souplesse, sa force, sa puissance, son endurance musculaire, son équilibre et sa coordination par des exercices spécifiques à la condition et aux problèmes détectés. Si vous ne savez pas par où commencer, allez consulter un professionnel de la santé.

Alors, au lieu d’attendre que ça passe quand vous vous blessez, prenez vous en main immédiatement et limiter les dégâts!

Andréa Chouinard,

Masso-kinésithérapeute

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